Retour en France : 5 conseils pour gérer sa déprime “post-retour”

On pense que le plus dur c’est de dire au revoir à ses proches et de partir mais en réalité le plus dur c’est de … revenir ! En tout cas c’est ce qui s’est avéré être vrai pour ma part et je sais que beaucoup de personnes sont dans le même cas que moi. C’est pourquoi j’ai décidé de vous parler de mon expérience, de mes ressentis et de vous donner quelques conseils pour bien gérer votre retour en France après avoir vécu un certain temps à l’étranger.

Le 1er août 2016 j’ai réalisé mon rêve en allant vivre dans ma ville préférée au monde : NEW-YORK CITY ! Je m’en rappelle comme si c’était hier et en même temps ça me semble si loin, c’est comme si je n’étais jamais partie. Je suis partie en tant que fille au pair et croyez-moi, même en ayant beaucoup d’expériences avec les enfants, cela n’a pas été de tout repos surtout au niveau psychologique & émotionnel. Il y a une énorme différence entre faire du baby-sitting quelques heures dans la semaine et vivre au quotidien 24/7 avec des enfants et une famille qui n’est pas la vôtre.

J’avais alors 25 ans, je n’étais jamais partie de chez moi et j’avais littéralement besoin de … respirer et vivre ma propre vie ! Cette envie de partir vivre à l’étranger est en moi depuis toujours et je ne pourrai jamais changer là-dessus. Je me suis donc lancée et j’ai décidé de partir vivre durant une année de l’autre côté de l’Atlantique. J’avais besoin de partir loin de chez moi, de sortir de ma zone de confort dans laquelle au final je ne me sentais pas du tout confortable et c’est là tout le paradoxe

Les au revoir ont été extrêmement compliqués sachant que je suis fille unique,très proche de mes parents ainsi que de mes amis mais je savais pourquoi je le faisais. C’était un défi personnel et il était hors de question que j’échoue. Je dois avouer que What’s App et Skype sont vraiment des outils  formidables pour être connecté H24 avec ses proches et ça aide vraiment à pallier le manque.

Je suis partie à l’inconnu mais en même temps je connaissais déjà New-York donc j’ai très vite pris mes repères dans cette magnifique jungle urbaine. Et puis l’avantage de partir en tant qu’au pair c’est qu’il y a énormément de filles (et garçons) qui partent faire la même chose, du coup c’est assez facile de faire des connaissances. Et croyez-moi cela est très réconfortant et rassurant de pouvoir partager ses expériences, ses ressentis et ses galères avec des gens qui vivent la même chose au quotidien parce qu’être au pair c’est loin, trèèèèèèèèèès loin, d’être facile tous les jours. Notamment si on tombe dans une famille pas très cool …

Une fois arrivée à NYC j’étais enfin libre, je me sentais moi-même. Il y a une telle énergie qui se dégage de cette ville, c’est juste incroyable. J’allais me balader tous les matins à Central Park, je passais tous mes week-ends à Soho, mes soirées sur des rooftop, j’avais toujours la tête en l’air pour admirer les buildings … Là-bas personne ne vous juge sur comment vous êtes habillés, les gens vous sourient dans la rue et vous font même des compliments sur votre style. C’est vraiment un monde à part. D’ailleurs les américains ont pour habitude de dire qu’il y a les Etats-Unis ET New-York. Cependant je dois avouer que Manhattan peut mettre vos nerfs à rude épreuve et qu’il faut vraiment aimer la grande ville.

Comme je l’ai dis plus haut, j’ai vécu une année compliquée sur le plan émotionnel et psychologique, j’en ai versé des larmes, j’ai failli abandonné de nombreuses fois mais j’ai tenu bon grâce au soutien de mes proches ! Je suis rentrée en vacances en France pour une dizaine de jours au mois d’avril. Cela faisait 9 mois que je n’avais pas vu ma famille et mes amis … je vous laisse donc imaginer l’état de joie et d’excitation ! Sans parler de L’IMMENSE BONHEUR de retrouver la nourriture française !!! Non vraiment j’adore les USA et Shake Shack mais niveau bouffe ce n’est pas possible … Vive les bons petits plats français, italiens ou espagnols !

Au bout de ces 10 jours j’étais partagée entre l’envie de rester en France et l’envie de retourner à New-York. Je n’avais pas envie de quitter mes proches, même si je savais que j’allais bientôt les revoir, et en même temps rien n’avait changé en France et puis ma nouvelle vie était à NYC (ainsi que mon boyfriend).

Finalement j’étais bien contente de retrouver Manhattan et d’être allée jusqu’au bout de mon année d’au pair. L’année en elle-même est passée très vite mais alors les trois derniers mois sont passés à une vitesse folle … Le retour définitif approchait à grand pasEt je ne pensais pas qu’il allait être si difficile à vivre

Le dimanche 9 juillet 2016 j’étais chez mon copain dans l’Upper East Side en train de pleurer toutes les larmes de mon corps. Je pleurais tellement que j’ai dû appelé ma mère à 2h du matin car c’est la seule à pouvoir me réconforter. Je ne réalisais pas que ça y’est c’était déjà la fin, comment était-ce possible ??? j’avais l’impression d’être partie hieret en même temps j’avais l’impression d’avoir vécue à NYC depuis toujours ! Trop de sentiments contradictoires. Je quittais le grand Amour de ma vie “New-York” ET mon nouvel amour “mon copain ainsi que de merveilleuses personnes …

Mes parents m’ont récupérée à l’aéroport de Nice le mardi 11 juillet à 10h30 avec un grand sourire sur leur visage mais … avec des larmes sur le mien. C’est horrible à dire mais je n’étais pas heureuse d’être là. Heureusement mes parents sont compréhensifs et je peux toujours compter sur leur soutien. Les premiers temps on est heureux de revoir tout le monde, de retrouver sa maison, sa chambre, de faire ce que l’on veut chez soi, de revoir ses copines … mais ce temps-là dure très peu de temps au final ! Très vite je me suis rendue compte que rien, ni personne n’avait changé à part … MOI.

A l’heure d’aujourd’hui je peux écrire tout ça car j’ai pris du recul mais c’est encore difficile. Cependant dans la vie il faut avancer et se créer des objectifs qui nous permettront d’atteindre nos rêves. Alors si vous êtes dans le même cas que moi je vous dévoile quelques conseils pour mieux gérer votre retour en France 🙂

C’est-à-dire se préparer mentalement au fait que l’on va revenir. Mais s’y préparer de façon positive bien entendu : se dire que l’on va revoir ses proches, retrouver sa maison, sa liberté, ses repères, la bonne bouffe … C’est quelque chose que je n’ai pas fait mais avec le recul j’aurai dû. Il faut accepter le fait que nous allons devoir revenir (même si c’est temporairement). Lorsque l’on part faire fille au pair on est déconnectés, on vit dans un autre monde, ce n’est pas la vraie réalité. Et je pense que lorsqu’on vit dans une grande ville comme New-York c’est encore pire car c’est une ville hors du temps et du réel. Etre au pair c’est un travail avec de grosses responsabilités (on a quand même la vie d’enfants entre nos mains) mais pour moi ce n’est pas un “vrai” travail dans le sens où on ne paie pas de loyer, de courses, de charges … On fait tout pour profiter au maximum de son temps-libre en découvrant des nouvelles villes, des nouveaux endroits … Et c’est aussi le but de cette aventure !

Mais je pense que c’est aussi pour ça que la claque est si grande lorsque l’on rentre en France … Sans parler du choc des cultures et des mentalités. C’est pourquoi il me semble indispensable de pouvoir, petit à petit, se projeter psychologiquement dans la future vie qui nous attend en France (ou ailleurs). Tant que nous sommes à l’étranger on a pas envie de penser au retour mais je pense que c’est une étape indispensable pour une transition en douceur …

C’est concrètement le conseil le plus important ! Le mieux est de savoir à l’avance ce que l’on va faire une fois rentré en France : des études, travailler, repartir à l’étranger … Le plus tôt vous le saurez le mieux ce sera. Le retour sera tout de même compliqué mais beaucoup moins que si vous n’avez pas d’objectifs clairs et précis.

Je parle en connaissance de cause car je ne savais absolument PAS ce que j’allais faire une fois rentrée en France. En plus de ça j’avais 26 ans, j’avais déjà fini mes études depuis quelques temps mais j’étais perdue. J’ai donc enchaîné les petits boulots alimentaires mais je n’étais clairement pas épanouie. Sans compter les gens qui te demandent toutes les 5 minutes “alors t’en es où dans ta recherche de travail ???” et que toi t’es là “toujours au même point : nul part“.

Les gens ne comprennent pas que le fait de partir à l’étranger ça remet totalement en question qui tu es, tes goûts, ce dont tu as envie … Et par conséquent certains rêves ou certaines idées que nous avions peuvent évoluer et on a envie de nouvelles choses. Personnellement je n’ai pas envie de retourner dans ma zone de confort et de vivre une vie tranquille et monotone comme la plupart des gens et c’est MON choix.

Il m’a fallu un an et un milliard de remises en questions et de crises d’angoisses pour trouver vraiment ce que je voulais faire et encore je ne suis pas du tout au bout de ma peine mais au moins maintenant j’ai un objectif devant moi et je ne vais pas le lâcher.

Vous pouvez vous fixer des petits objectifs au jour le jour (step by step) ce n’est pas la peine de se foutre une énorme pression, la société s’en charge déjà assez ! L’essentiel est de trouver des buts qui vous plaise afin d’éviter de trop cogiter car … trop de cogitation tue la cogitation !

Là aussi autre point important qui a été difficile à intégrer pour moi … accepter le fait que j’ai changé ! Moi qui de base n’aime pas trop les changements en plus ! Mais l’évidence était clairement là j’avais changé et il n’y allait pas avoir de retour en arrière possible !

Par exemple avant de partir aux USA mes copines étaient clairement toute ma vie !  Je passais touuuuut mon temps-libre et mes week-ends avec elles, j’étais toujours le bout-en-train qui proposait des tas de sorties … En revenant je pensais que ça se passerait pareil car durant mon année on s’appelait très régulièrement, on partageait tout comme d’habitude mais en réalité …

Cela a fait l’effet inverse, j’ai pris de la distance avec elles et croyez-moi je ne me reconnaissais plus (et elles n’ont plus d’ailleurs). Cela a duré un bon moment et clairement à l’heure actuelle je n’ai plus le même rapport à l’amitié qu’avant. Tout simplement car auparavant j’étais dans la fusion et désormais je ne veux plus que ce soit le cas. Je peux vous dire que depuis mon retour j’ai fais le tri dans mes amis et j’en suis bien contente ! Rassurez-vous j’ai toujours des (vrais) amis hein !

J’insiste sur l’amitié car je sais que de nombreuses personnes se retrouvent dans cette situation en rentrant, on a l’impression de ne plus rien avoir en commun avec ses amis et que personne nous comprend, mais ce sentiment est normal. Il faut juste prendre le temps de se réadapter à sa nouvelle vie.

Et puis j’ai tout simplement grandi, je suis devenue indépendante, j’ai une nouvelle vision du monde, de nouveaux buts, de nouvelles envieset même si ce sentiment nouveau est assez effrayant c’est excitant en même temps.

J’ai toujours aimé voyager mais depuis mon retour des Etats-Unis c’est carrément devenu une obsession ! Je me sens mal si je n’ai pas un voyage prévu dans les mois à venir … Pourtant je n’ai pas vraiment voyagé durant mon année car j’aimais tellement NYC que je voulais découvrir cette ville de fond en comble, je ne ressentais pas vraiment le besoin d’aller ailleurs (je le regrette un peu maintenant). Mais cela était avant que je rencontre mon copain … il m’a clairement transmis le virus du voyage car pour lui c’est vraiment un mode de vie. Il m’a permis de voir le monde du voyage d’un autre oeil : ouvert et curieux.  De plus comme nous sommes à distance nous sommes obligés de voyager pour se voir et ça c’est vachement cool ! (il faut bien un point positif quand même ^^)

Il y a plusieurs façons de voyager et la meilleure est bien évidemment de rencontrer les locaux et de vivre comme eux. C’est là que l’on découvre vraiment un pays et des gens extraordinaires.

Voyager permet de se découvrir, d’aller au-delà de ses limites, de découvrir de nouveaux horizons, de nouvelles façon de penser … Ca permet tout simplement d’ouvrir son esprit et puis comme on dit “les voyages forment la jeunesse“.

Après, bien évidemment, il faut tout de même un budget financier et de la disponibilité mais sincèrement pas besoin d’aller méga loin et de dépenser des millions pour se sentir dépayser !

Avec les gens que vous avez rencontré durant votre année ! Personnellement j’ai passé le plus clair de mon année avec UNE amie, on était H24 collés ensemble et heureusement que nous étions là l’une pour l’autre … De retour en France nous sommes toujours aussi proches même si nous n’habitons pas dans la même ville. Nous avons vécues la même aventure et donc la même dépression post-retour. Qu’est ce que ça fait du bien de pouvoir parler avec quelqu’un qui ressent exactement la même chose que vous et de se sentir comprise !

L’un des avantages de voyager et/ou de vivre à l’étranger c’est de rencontrer pleins de gens d’origines et d’horizons différents. Le fait d’échanger avec des gens différents de notre culture, de notre mode de vie permet d’être plus open-mind et plus curieux sur le monde qui nous entoure.

Lorsque je suis rentrée en France personne ne comprenait pourquoi j’étais autant déprimée. Combien de fois j’ai entendu “ oh franchement il y a pire, tu vis à Nice, tu as du soleil, il fait chaud, tu as la mer” … j’ai envie de hurler à chaque fois que l’on me dit ça ! Certes c’est cool d’avoir du soleil mais depuis quand ça définit une vie et ça rend plus heureuse ??? Malheureusement c’est beaucoup plus complexe.

Heureusement que mon copain est aussi là pour comprendre car il a vécu la même chose et il m’aide beaucoup. Le fait de lui parler tous les jours me permet également de garder un lien direct avec New-York et donc de me remémorer mon goal.

Je trouve que la plupart des amitiés créées à l’étranger sont plus intenses que les autres car il y a un sentiment de compréhension unique qui nous unit, c’est pourquoi il est important d’entretenir ce lien.

 

J’espère que mes conseils vont vous aider à mieux vivre votre retour en France mais il n’y a pas de remèdes miracles : chacun est différent et réagit d’une manière qui lui est propre, il faut juste se laisser du temps 🙂

Xoxo,

P.

 

 

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6 Commentaires

  1. 8 juin 2019 / 10 h 45 min

    Effectivement dur, dur… C’est pour cette raison que je n’ai pas franchi le pas. Y aller c’est difficile, mais je ne me sentais pas capable de tenir en revenant. Du coup j’ai bougé sur Paris (où je suis restée 10 ans quand même !) pour finalement revenir “chez moi”. Toutes les expériences sont bonnes à prendre et maintenant je voyage pas mal aussi. Bonne continuation ! (et super blog au fait !).

    • preston
      Auteur
      8 juin 2019 / 18 h 19 min

      Merci beaucoup ! Moi aussi je te suis depuis un moment … forcément on a la même passion haha 🙂
      Mais effectivement ça va faire deux ans que je suis revenue et c’est toujours autant difficile … Mais je ne regrette pas d’être partie et on va voir ce que l’avenir me réserve … #fingercrossed

    • preston
      Auteur
      8 octobre 2019 / 10 h 04 min

      Merci beaucoup 🙂 J’espère que ça a pu t’aider !

  2. 7 octobre 2019 / 10 h 22 min

    J’ai vécu la même chose, les USA est un monde autre monde, avec le côté Hi guyes !, yeah nice shirt ! Le retour en France est très difficile. En réalité n’importe quel voyage de ce type fini par nous changer et tant mieux 😀

    • preston
      Auteur
      8 octobre 2019 / 10 h 05 min

      C’est clair c’est vraiment un moyen de se découvrir et de grandir 🙂
      Une super aventure que l’on ne pourra jamais oublier !

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